Info Adam Wheeler www.ontrackoffroad.com- photos Bavo / Honda Racing
Gautier Paulin a déjà l’esprit tourné vers la saison 2016, mais ça ne l’empêche pas de revenir sur le championnat qui vient de s’achever aux USA : quoique vice-champion, son meilleur résultat final à ce jour, le Français n’est pas pleinement satisfait de sa saison. Une victoire et cinq podiums, le pilote et son team espéraient mieux.
« Personnellement, j’ai besoin de me sentir en pleine forme et à cet égard ça n’a pas été une bonne année. Je ne peux pas être satisfait. J’ai d’abord dû me montrer patient car nous n’étions pas au niveau que nous espérions. On s’est amélioré à partir de Maggiora et ensuite ça n’a pas cessé d’aller de mieux en mieux. Mais en ce qui me concerne, je me suis abîmé un genou à Loket et il est d’ailleurs possible que je doive être opéré après les Nations. A un moment je pensais être guéri, mais ces dernières semaines la douleur a persisté. Je ne pouvais pas courir, ni m’entraîner comme je voulais. Je termine second et c’est mon meilleur classement à ce niveau, mais je n’ai jamais été en position de remporter des manches et je dois absolument passer un palier d’ici l’an prochain. Nous avons d’ailleurs pas mal de choses à améliorer en vue de l’an prochain ».
Il est clair que Paulin n’a pas retrouvé au guidon de la Honda le rythme qui était le sien en fin de saison dernière, malgré les moyens du team HRC et la présence à ses côtés d’un expert comme Jean-Michel Bayle. « A chaque GP j’ai essayé de tout donner mais la roue n’a pas voulu tourner en ma faveur. Quand on bagarre comme ça tout le temps, ça devient vite compliqué. Au plan des départs, nous étions bien en sortie de grille, mais on se faisait reprendre en ligne droite. Et sur les pistes mono-trajectoire on a toujours galéré. Ce n’était pas facile pour l’équipe, ni pour moi ».
Nous avons sans cesse cherché à améliorer la machine et nous y sommes souvent parvenus, mais avec un certain temps de retard par rapport à nos rivaux. - GAUTIER PAULIN
La domination de GP 21 à Valkenswaard, lors de la cinquième épreuve de la saison, avait pu sembler faire office de déclic… Mais on n’a plus jamais revu le Français aussi à l’aise par la suite. « Je suis vraiment bien dans le sable cette année, mieux que jamais », explique-t-il. « A Valkenswaard, le sable était sec et ça aurait dû être la même chose en Lettonie, mais il a plus et ça a tout changé, on a dû modifier les réglages de la moto. Et l’on n’a pas trouvé le bon set-up. A Lommel j’étais blessé et à Assen pareil. Du coup, impossible de refaire le coup du « Gautier de Valkenswaard ». Nous avons sans cesse cherché à améliorer la machine et nous y sommes souvent parvenus, mais avec un certain temps de retard par rapport à nos rivaux. Mais il faut continuer à donner le maximum ! ».
Et puis il y a eu Febvre. Le pilote Yamaha a en quelque sorte piqué la place de Paulin dans le rôle du premier Français champion du monde en catégorie reine de l’ère quatre-temps. Gautier insiste sur le fait qu’il a été aussi épaté que les autres en constatant la vitesse et les résultats de son compatriote. « Honnêtement, je suis surpris et jamais personne n’aurait écrit qu’il serait le champion 2015. Il fait super fort en ce moment, il semble très à l’aise, complètement en phase avec sa machine. Bien sûr, je suis étonné mais d’un autre côté je ne sous-estime jamais personne, ni en piste, ni dans la vie. Pas mal de pilotes peuvent connaître la réussite. Lui, il donne l’impression que c’est facile ».