Loon-Plage : Daymond Martens s’impose en fin stratège



Texte et photos copyright David Morin

Loon-Plage : Daymond Martens s’impose en fin stratège

Daymond Martens (Yamaha n°4) remporte la première endurance du championnat de France des courses de sable 2015-2016 en tentant le pari d’un seul arrêt ravitaillement.

Après Van de Sande au Beach Cross de Berck, c’est donc un autre jeune loup belge qui se met en évidence à Loon-Plage. Mais, cette fois, point de surprise. Le protégé d’Alexandre Morel sort d’un précédent exercice de très bonne facture avec, en point d’orgue, la deuxième marche du podium à l’Enduropale du Touquet. C’est bien une confirmation de son statut de prétendant qui est apportée là.

Podiums et victoires sont désormais ses seuls objectifs. Et pour cela, le pilote du TLB Racing peut s’appuyer sur deux atouts : sa capacité à systématiquement s’extraire devant la meute au départ ainsi que son pilotage fluide. Une finesse lui permettant d’économiser son physique et la consommation de sa monture.

Deux atouts que le natif de Chimay exploite parfaitement, dans le Dunkerquois, pour sortir victorieux du combat à cinq qui anime une bonne partie de l’épreuve. Autant dire, jusqu’à ce que le dernier de ses rivaux effectue un second passage par les stands, soit à l’approche de la dernière demi-heure de course.

Avant cela, c’est à une intense lutte intergénérationnelle à laquelle nous avons pu assister entre, d’un côté, les ex « Mondialistes » trentenaires (Ramon et De Reuver) et de l’autre, la nouvelle garde talentueuse de la discipline (Chapelière, Martens, Van de Sande). Intense au point que le quintet creuse un écart impressionnant sur le reste du peloton. Nous, spectateurs et suiveurs, nous nous sommes régalés.

Il faut bien avouer que la nouvelle orientation professionnelle de la référence Van Beveren, combinée à la montée en puissance des trois garçons cités ci-dessus, rebattent les cartes. Bien malin celui pouvant détacher un nom, sans montrer un quelconque partie pris pour l’un ou l’autre protagoniste.

Habitué du circuit, de l’épreuve et de la tactique à deux arrêts imposée par la contenance de son réservoir, Steve Ramon (n°28) savait très bien qu’il lui fallait rouler grand train dès l’entame pour avoir une chance de gagner. Ce qu’il s’applique à faire mais le pilote Rockstar Suzuki ne parvient jamais à se débarrasser de Daymond Martens, Axel Van de Sande et Marc De Reuver.

Moins bien sorti de la grille puis victime d’une petite chute pour sa part, Camille Chapelière doit très vite forcer pour recoller au groupe de tête. Des efforts que l’officiel Yamaha Motor France paye en fin d’épreuve mais qui, sur le moment, lui permettent de faire la jonction puis de prendre la tête lorsque le double Champion du Monde et son camarade hollandais passent au stand pour la première fois..

Parallèlement, Adrien Van Beveren (n°1), hors du coup, opère, lui, le chemin inverse dans la hiérarchie, perdant régulièrement du temps. Une cadence inférieure tenant également son explication dans un moteur agonisant et qui se tait définitivement à la mi-course.

Lancés sur une stratégie à un unique stop, de par la capacité supérieure de leur réservoir, la victoire ne « doit » pas échapper à l’un des pilotes de la marque aux diapasons. Et vu la vélocité affichée, « CamChap » semble le plus à même d’y parvenir.

Or, ce plan n’est pas sans un certain risque de panne sèche. Risque que le clan du dossard n°2 refuse de prendre, en définitive. Jouer la gagne ou le championnat, il fallait choisir. Difficile de se priver de points avec six rendez-vous. La première levée d’un trophée attendra.

Le Normand écarté, reste, pour Martens, la possible menace Van de Sande mais le Flamand ne montre pas la même superbe qu’à Berck. Malade, tirant trop sur son embrayage, Axel s’éteint progressivement.

Daymond a, dès lors, le champ libre, même s’il fait attention au dernier assaut de Ramon. Une dernière salve qui permet à la Suzuki de déborder un Chapelière accusant la dépense d’énergie initiale et de s’emparer de la deuxième place finale.

Quatrième sous le drapeau à damier, Marc De Reuver n’a pas le temps d’apprécier ce résultat, se voyant retirer un tour à son compteur pour dépassement d’1 dB au contrôle sonomètre.

Une aubaine pour Van de Sande qui grimpe d’une place et conserve le leadership du championnat pour quelques points. Un coup de pouce enfin pour Richard Fura et Jean-Claude Moussé, respectivement 5e et 6e.

Grandissimes favoris, respectivement en catégorie « Espoirs » et « Juniors », Alexis Collignon et Maxime Sot n’ont pas failli en s’imposant lors de l’étape nordiste.

Un ton au-dessus, Maxime Sot (Yamaha) n’a eu d’adversaire que sa personne, se faisant quelques frayeurs et commettant quelques fautes. A bonne distance, le Hollandais Lars Griekspoor (HVA) profite de la chute de Quentin Mauclaire (KTM), dans les derniers instants, pour lui ravir la deuxième place.

Le lauréat des petites cylindrées, par contre, n’a jamais pu se relâcher. Le pilote de la Honda 150 CRF a beau avoir l’avantage de la puissance, de la motricité, il n’en demeure pas moins que son gabarit pourrait devenir un frein, à terme, face aux poids plumes et leur 85 cm3.

Preuve en a été à Loon-Plage où Collignon fut aux prises de nombreux tours avec Mathéo Miot (Kawasaki), finalement 2e, mais surtout Simon Depoers (Yamaha n°19), troisième à l’arrivée.

Dommage que la fougue du local le mène au sol à deux reprises car l’opposition qu’il proposa à Collignon, au début, conduit ce dernier à la faute également. Une chute dans laquelle, le Normand endommagea sa roue avant.

En finissant à 20 secondes du pilote VHR et moins d’une minute du vainqueur, qui sait ce qu’il serait advenu si le pilote Motoland Calais était resté sur ses roues.

Poursuite du championnat à St Léger de Balson (33), les 5 et 6 décembre prochains

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