Par Ganjaman.
Après une semaine de break bien mérité pour tout le monde et avec le retour de la côte ouest, on s'attendait à du saignant à Santa Clara. Résultats, on a surtout eu du réchauffé... Et une victoire de plus au compteur du Dungeynator. Ça commence à faire beaucoup.
Enfin, les pilotes de SX US ont eu droit à un petit break d'une semaine. Pas volé, après onze semaines de suite à jouer les gladiateurs des temps modernes. On pouvait donc s'attendre légitimement à retrouver des outsiders motivés comme jamais, prêts à profiter d'un éventuel relâchement de Ryan Dungey, occupé qu'il était à tester pour l'outdoor, bien assis sur ses points d'avance au provisoire. Ben non. Vainqueur tranquille de sa heat, bien parti en finale et agressif d'entrée pour déboîter Bogle après deux virages, le Dunge a ensuite aligné vingt tours parfaits pour, une fois de plus, dégoûter un Roczen pourtant pas avare sur la poignée de gaz. Bref, je commence sérieusement à manquer de superlatifs pour illustrer la saison de Dungey. Solide, c'est le mot qui me vient à l'esprit en premier. Machine, ensuite. J'ai chiant, après, sinon...
S'il n'a pas roulé l'enfer à Detroit, Ken Roczen a une nouvelle fois prouvé à Santa Clara qu'il fait bien parti de cette élite très restreinte capable de faire tomber RD1 de son piédestal. L'écart à l'arrivée entre les deux et le reste du plateau en témoigne. Mais pour ça, il faut partir devant, à fortiori sur un terrain où faire des différences ne paraissait pas évident. Parce que même en partant juste derrière, ça ne le fait pas. Pourtant, KRoc a été rapide à se mettre en action. Lui aussi est passé à côté de Bogle comme s'il n'était pas là, avant de respirer de la fumée de KTM pendant vingt tours. Il a bien montré une fois ou deux sa roue avant à RD, sans que ça n'ait eu l'air de l'émouvoir plus que ça. Bref, Kenny est content, le team a fait un bon travail, blablabla... Mais quand même, ça doit coller un léger coup au moral, ce genre de course. Heureusement que notre teuton préféré est du genre positif. Non, pas au test de dopage, bande de mauvaises langues.
Un nouveau podium pour Jason Anderson, lui qui avait gagné Detroit sur tapis vert. Le point positif, c'est que ses départs sont en nette amélioration depuis quelques temps. Il aurait même pu signer un holeshot propre si Brayton n'avait pas sous-estimé de dix bons mètres la longueur de la ligne de départ. Le point négatif, c'est qu'il s'est fait littéralement déposé par les deux duettistes sur ce coup-là. Ce qui peut paraître étonnant, Jason étant rarement en manque de vitesse pure. Déjà en heat, KRoc lui avait montré comme rentrer dans des whoops à bloc, mais la leçon n'a pas porté ses fruits. Il n'empêche que pour sa deuxième saison chez les grands, JA21 est toujours solide devant, bien accroché à une belle troisième place provisoire. Pas mal, pour quelqu'un que beaucoup voyait finir au Grey-Sloan Memorial Hospital au bout de trois courses. Et une nouvelle fois, deux pilotes de la Boulangerie sur le podium, sans compter celui qui s'est barré avec les pains au chocolat.
Auteur d'un bon départ et d'une course sans soucis ni grand relief, Chad Reed s'offre une seconde quatrième place de suite, une performance de bonne facture considérant la profondeur du plateau. Heureusement, toutefois, que cette finale ne faisait pas 21 tours, parce qu'un certain Trey Canard déboulait dans ses rétros comme un Go Fast sur l'A6.
Seul pilote avec RD et KRoc a être descendu sous la barre des 44 secondes en finale, c'est un doux euphémisme de dire que Trey avait la vitesse. Comme souvent, me direz-vous. Pas faux. Mais encore une fois, il était trop loin dans les premiers tours pour espérer jouer le podium. Pourtant, il y a du mieux chez Canard. Deuxième chrono aux essais, il a notamment réussi une super semi, en allant chercher la victoire en déposant Eli Tomac dans le dernier tour. Beau. Et utile, quand t'es en négociation avec le team de ce dernier, de montrer que tu peux déboîter leur pilote star... Mais quand va-t-il arriver, ce fucking holeshot en finale ?
Meilleure performance de la saison pour Justin Bogle, avec cette belle sixième place. Le rookie n'a clairement pas la vitesse pour espérer mieux, mais a su profiter d'un bon départ, encore un, pour s'échapper du pack. Ensuite, s'il a « roulé tendu » selon ses termes, il a su tenir la distance pour enfin réaliser une performance digne d'un ancien champion Lites. À confirmer.
Le chemin de croix de Tomac se poursuit. Décidément, quand ça veut pas. Déjà, il n'avait dû goûter que modérément de se faire doubler par TC en semi. Ensuite, un nouveau départ dans les choux (16e), et encore un week-end de daube à mettre au crédit d'ET. « Remontée honnête quand même, non ? » j'entends au fond de la salle. Mouais... Pas suffisant. Le vert, couleur de l'espoir ? Mon cul, oui. Bon, au moins, c'est la couleur du dollar. On ne peut pas tout avoir.
Ce bon bourrin de Weston Peick est parti huit, et termine huit. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Rien ? Ok, vous voilà servi.
Ah, enfin une performance correcte de Jake Weimer sur sa RCH/Soaring Eagle/Jimmy John's/Suzuki Factory Racing. C'est long, comme nom de brêle. Content pour lui.
Et premier top 10 de l'année pour l'ami Baggett, lui-même ancien de la Boulangerie. Tout se recoupe.
À part ça, qu'est-ce qu'on a vu ? Déjà, pas Cole Seely. Blessé pendant la semaine à une vertèbre (la C7, pour les internes en médecine), on ne le reverra pas tout de suite. Dommage, pour un des vrais prétendants à la victoire, ou tout du moins au podium. En échange, on a récupéré Barcia. A l'arrêt complet, suite, il faut le reconnaître, à une grosse chute aux essais, Justin a connu une soirée difficile. Contraint de batailler sévère avec le redoutable Nick Schmidt en semi pour la dernière place qualif', il s'est ensuite fait sortir proprement par Josh Grant, vexé d'être fait « bambamer » juste avant. Je ne suis pas fan de Grant, loin de là, mais voir enfin quelqu'un tenir tête en terme d'agressivité à Barcia, ça fait bien plaisir. Il ne reste plus à Schmidt qu'à étudier la vidéo.
Autre revenant, voire même zombie, au point où on en est, Josh Hansen s'est glissé sans problème en finale, avant de terminer à une très correcte 14e place. Le talent, tu l'as ou pas. En parlant de talent, Marvin Musquin, blessé aux poignets suite à un gros caramel aux chronos, n'a pu que limiter les dégâts, terminant à une lointaine 17e. Espérons que ça aille mieux rapidement, car Reed n'est plus qu'à quatre points derrière...
Toujours en parlant de talent, JS7 lui-même faisait son grand retour ce week-end. Rapide aux chronos, beau second de sa heat derrière Dungey, et, surtout, visiblement plus à l'aise sur une piste de SX, JS7 « voulait juste finir ses 20 tours ». Non, casse mécanique. Une année noire, sans jeux de mots.
Il y avait un Français au départ de cette course en 450 : Charles Lefrançois. 26e aux chronos, 5e du LCQ, soit à une place de la qualif. Mention très bien ! Effort à poursuivre.
Ce championnat 250 West me gonfle royalement, surtout depuis que mon chouchou CCraig ne peut plus le gagner. Et que c'est un méchant petit roquet qui va empocher le chèque de bonus. Bon, il faut bien avouer que Webb, le roquet en question, est quand même très fort. Encore une fois mal parti, il a fait comme d'habitude : pas de panique, on remonte tranquille, et on s'impose de façon claire et nette. Aucun doute, c'est le meilleur. Pourtant, Osborne avait les cartes en main, avec un holeshot, 11 tours propres devant... et plus rien. Même pas une petite attaque suicide, alors que tu n'as encore jamais gagné une finale ? Pfff. Vite, un stage avec Josh Grant ! Joey Savatgy a fait une belle course, en parvenant à suivre le rythme de CW1, sans toutefois s'en approcher. Il faudrait un vrai coup de bol pour qu'il renverse la vapeur à Vegas, avec le paquet de points d'avance que possède maintenant Webb. Notez la nouvelle grosse performance de Colt Nichols, parti 17e et qui finit 6e, dans la roue d'un bon Oldenburg. Aucun doute, Colt va changer de statut en 2017... Et fait déjà parti des favoris aux titres E ou W l'an prochain. Alex Martin, lui, a laissé passer une chance de podium à cause d'une chute, une nouvelle fois. Dure saison pour Alex, qui va pourtant mieux après avoir quitté son frère et Johnny O'Mara, son coach, pour rejoindre Garett Swanepoel, qui entraîne notamment Cooper Webb. Oui, c'est bizarre, mais la méthode O'Show n'est pas conseillée à tout le monde, visiblement... et a de quoi faire passer un hiver chez Baker pour des vacances à Center Parcs. L'action d'éclat du week-end est à mettre au crédit d'Hayden Mellross, qui s'est envolé en nose-wheelie pour atterrir côtes en avant sur une barrière métallique. Impressionnant. Ah, si, aussi : Dimitri Rolando, un français, a intégré le night show. Good for him. Sur ce, @ la semaine prochaine, avec Indianapolis et le retour de la côte est, autrement plus excitante !